Jaloux de son frère ou de sa soeur ?


Le mythe d’Abel et Caïn est là pour le rappeler : les rivalités entre frères et sœurs existent depuis toujours. Comment éviter que ces jalousies  empêchent l’épanouissement de chacun ?


par Laure Caucheteux


Une relation entre frères et sœurs serait inquiétante s’il n’y avait jamais aucune jalousie ni aucune bagarre. Il semble que ce soit le lot de toutes les familles ... avec plus ou moins d’intensité ! Avec maintenant deux enfants dans la famille et le nouveau venu qui attise les jalousies du plus grand, les choses se compliquent... Pour ne pas envenimer la situation, il faut avant toute chose bien écouter ce que chacun a à vous dire...


Ils sont jaloux l’un de l’autre ?
Encouragez-les à exprimer leurs sentiments

 
Devant l’attitude parfois hostile de l’aîné, la tentation est grande de « corriger » sa « mauvaise » attitude en le grondant... Montrez-lui plutôt que vous comprenez son désarroi et n’hésitez pas à le plaindre : « on dirait que tu es jaloux de ta petite sœur... je sais bien que tu préfèrerais que je passe du temps avec toi plutôt qu’avec elle. ». Vous ne pouvez pas le convaincre que ses sentiments sont infondés, même si vous le croyez sincèrement !

Ce n’est qu’en le laissant traduire sa souffrance sans lui ôter l’estime de soi (ce qui est le cas lorsqu’on le blâme de se montrer jaloux), que l’aîné pourra adopter bébé pour longtemps.


Ne les forcez pas à s’« aimer »


Il peut arriver que votre enfant se mette en colère contre son frère ou sa sœur, et même contre vous. Des « je ne t’aime plus ! » ou « tu es méchant ! » expriment sa jalousie de ne pas être votre unique et enfant préféré. Même si vous pensez qu’il est injuste, respectez son sentiment. Il n’en devient pas pour autant un « mauvais garçon » ou un « méchant enfant » !


Ne les mettez pas en compétition


Même les jugements les plus anodins peuvent vexer les enfants. Faites attention à la façon dont vous les comparez, surtout en présence d’une personne extérieure à la famille « Pierre vient de faire ses premiers pas, alors que Paul n’a commencé à marcher que bien plus tard !

Leurs résultats scolaires seront également différents... Vos enfants doivent pourtant réussir pour leur propre compte et pas en fonction de la petite sœur, du grand frère ni de vous-même. Pour cela, ne soyez pas avares de compliments ni de conseils pour chacun... mais en privé et en ne les comparant pas ! Ils sont différents, leurs cursus le sera également... et tant mieux ! Soyez optimistes sur la réussite de vos enfants ! Faites-leur faire des choses ensemble : des jeux, les devoirs ensemble... Une manière toute simple de développer la solidarité et l’entraide.


N’essayez pas d’être égalitaires


... en leur offrant toujours la même chose par exemple. Les cadeaux, la quantité de nourriture, les heures de coucher, les sorties, les activités ou les hobbies... doivent être adaptés à l’âge et au caractère de chacun... même s’ils réclament souvent ce que l’autre a et qu’ils n’ont pas ! Ils se sentiront plus confiants s’ils savent que vous les reconnaissez pour ce qu’ils sont et cesseront petit à petit de se comparer avec leurs frères et sœurs. De toute façon, quoi que vous fassiez ils trouveront toujours que vous êtes injuste. L’équité, selon eux, serait d’obtenir tout ce qu’ils désirent. Vous êtes donc « injuste » à chaque fois que vous dites « non » ! C’est ainsi…


Accompagnez votre aîné dans cette épreuve


Ce n’est pas parce qu’il y a un plus petit à la maison que l’aîné est devenu « un grand ».

Il a encore besoin de moments exclusifs avec vous ! Pour attirer votre attention, il peut alors « faire le bébé » en régressant dans ses comportements (sucer son pouce alors qu’il avait arrêté, faire à nouveau pipi au lit, manger salement, etc.). Ne le grondez pas... mais ne rentrez pas dans son jeu en le consolant ! Montrez-lui plutôt que vous avez compris le message... Ces moments de jalousie sont inévitables entre frères et sœurs... Ca ne veut pas dire qu’ils ne s’aiment pas ! Ils se battent pour gagner votre amour exclusif... Ne les jugez pas, cela les culpabiliserait. Finalement, vous avez bien compris leur colère ! Montrez-leur et petit à petit ils pourront arrêter de se battre et vivre pour eux (et plus pour vous)...